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Le sport contre l'homophobie en une du magazine L'Equipe

03 mai 2019

Confronté aux agressions et aux insultes homophobes, le monde du sport peine à briser le tabou. Mais des acteurs se mobilisent pour que la cause avance. Ce samedi, le magazine L'Equipe propose un un dossier spécial sur l’homophobie dans le sport.

Il est très attendu, il le sait, mais il ne vient pas. Il hésite, on le comprend. La peur de livrer son intimité en pâture, de s'attirer la haine des imbéciles, d'être réduit à ça. Mais le sport a le pouvoir d'ériger des icônes qui ouvrent des portes et ferment des bouches. Et l'exemple doit venir d'en haut. Aucun footballeur encore en activité dans un Championnat majeur n'ose évoquer son homosexualité. Alors il faut faire sans.

Le dossier et la couverture s’appuient sur la sortie du film « Les Crevettes Pailletées », dans lequel un homophobe est condamné à coacher une équipe de water polo gay. Pour l’Equipe Magazine, c’est une façon de dire que « ce geste d’amour ne devrait pas choquer et que l’homophobie est une infraction pénale dans la rue comme sur les terrains de sport. » Le réalisateur est d’ailleurs l’un des intervenants de ce dossier.

Parmi eux, il y a Cédric Le Gallo, réalisateur du film les Crevettes pailletées. Son baiser s'affiche sur cette une dont nous sommes fiers. Il nous permet d'essayer de dire, à la faveur d'une belle photo, que ce geste d'amour ne devrait pas choquer et que l'homophobie est une infraction pénale dans la rue comme sur les terrains de sport. Dans ce Mag, il y a aussi Dave Raval, président des 800 « Gay Gooners » d'Arsenal, dont le témoignage prouve qu'au-delà des indispensables sanctions, ce n'est pas en stigmatisant le monde des supporters mais en l'associant au combat qu'il faut lutter contre l'homophobie des tribunes.

«Perso, les gays, j'aime pas ça»

Il y a Yoann Lemaire, dont le documentaire, bientôt diffusé sur France 2, ausculte le tabou. On y voit une troupe de théâtre, venue sensibiliser les gamins du centre de formation de Toulouse, entendre des « perso, les gays, j'aime pas ça » avant d'effacer un peu de l'ignorance, à force de pédagogie et en détaillant les solitudes extrêmes qui poussent parfois les jeunes homos au suicide. Il y a le volleyeur brésilien Michael dos Santos, exilé d'un pays où 420 meurtres homophobes ont été commis en 2018. Dans 72 nations du monde, étreindre la personne que l'on aime est un crime et, dans huit d'entre elles, c'est passible de la peine de mort.

Et puis il y a Laurence Manfredi, dont la remarquable interview avec notre reporter Jean-Christophe Collin, vous le verrez, élève la réflexion à des hauteurs insoupçonnées. « Par le sport, des gens se révèlent, y compris en ce qui concerne leur orientation sexuelle », dit-elle. Parce que la question avance malgré tout, ce Mag est également plein d'espoir, d'histoires de tolérance et d'entraide, de vestiaires qui aident à se sentir soi et d'aventures sportives qui font grandir. De voix à écouter et de voies à suivre.